Patrice et Hélène sont en ce moment en route afin de rejoindre Fabien et de lui apporter son ravitaillement. Bien sûr, ce n'est pas le Canada, mais enfin, il faut 1h45, par l'autoroute, pour  arriver à Bec d'Allier. Et autant pour revenir ce soir. Ce n'est pas rien.

Depuis le début de cette aventure, Patrice gère en maestro sa présence technique auprès de Fabien, puis  ce blog pendant que Hélène, plantant sa voiture sur les bords de l'eau, attend notre homme saumon, appareil photo en main.

Nous sommes des dizaines de personnes à être tenus au courant, par des petits messages sms, plusieurs fois par jour, de l'avancée de Fabien. Le soir venu, parfois tard, Hélène ou Patrice nous envoient les photos faites le jour.
Quinze jour déjà  sont passés, et des centaines de photos nous décrivent le périple de Fabien, les magnifiques paysages des bords de l'Allier. Patrice, dès qu'il a un moment, en revenant soit de son travail soit de ses visites vers Fabien, nourrit le blog d'informations, de films ou de photos passionnantes. Je sais qu'il en a en réserve pour les jours à venir et qu'il va continuer de nous faire découvrir l'Allier avant d'aller à la rencontre de la Loire. Pour lui maintenant la distance va être trop grande à parcourir. Jusqu'à ses prochains congés. Nous allons aider Hélène à suivre du mieux qu'elle peut cette aventure. C'est ce que nous avons vu avec Fabien. Nous établissons des relais.

Demain ou tout à l'heure Fabien entrera dans la Loire, le grand fleuve sauvage de France. Le fleuve que certains aiment avec passion, que d'autres regardent d'un oeil circonspect, car elle a son lot de morts. Mais une Loire que nous aimons tous ici du fait de ses couleurs exceptionnelles et de ses paysages splendides

Je voulais parler aussi de toute une équipe derrière qui a "entraîné dur"! Fabien  avant son départ, car comme celui-ci nous le dit souvent:"tout est dans la tête!", et cette équipe, ce sont tous ceux qui mouillent leur chemise en amitié, en foi, et en ce moment, en accompagnement.

Cela fait du bien. Car Fabien n'a pas eu le soutien qu'il escomptait. Et pourtant,cela fait des mois de préparatifs, de recherches de sponsors et de partanariats, de demandes d'autorisations, de sensibilisation. Quelle deception!

S'il y a bien un sujet qui devrait nous sensibiliser tous, c'est bien cette eau qui coule entre nous? De plus, nous avons avec nous la petite bouteille des porteurs d'eau. Nous en sommes fiers! Logiquement, on devrait tous être liés et concernés? Sans soute sommes nous trop petits, ininteressants, ou est-ce l'honnêté de Fabien qui se targue de défendre liberté et esprit d'aventure, sans se cacher derrière une bonne action! Et pourtant, que nenni, il vaut  mieux boire du coca, vivre sur un yatch en costume adéquat, être un trader dépressif, et aller à la chasse, c'est plus branché!

Dans une certaine mesure,et afin de ne pas justement polluer plus de notre amertume ce peu d'intérêt,et étant la principale partenaire de la quête de Fabien, je suis assez fière de l'esprit resté pur de notre homme saumon. Et pourtant, il en a eu des occasions de se corrompre l'âme. Cela ne l'a rendu que plus fort et plus grand encore. Il n'a pas plié! Par le biais de l'eau, il va pouvoir être le maillon de défense de la décense et de la courtoisie que nous devons continuer de cultiver entre nous.
Il va pouvoir parler, avec des mots simples,avec des mots que nous comprenons tous, de l'eau, de ce lien d'amitié qui coule entre les hommes et de cet esprit de liberté qui est en train de se perdre. Il va nous parler de courage, mot qu'il affectionne entre tous. Il va boire la tasse près de deux centrales nucléaires. Bon, on passe, mais brrrr, franchement ....C'est insensé de mesurer à quel point nous nous habituons à des choses terribles et combien nous sommes prêts à défendre l'indéfendable! Sans doute est-ce la passe nécessaire du changement. Cette adaptation.Fabien en parlait beaucoup dans son "Aventure Grand Nord". La survie, dans le Grand Nord Canada dépend  du sens de l'adaptation.Il va passer devant des champs arrosés en plein soleil, il va nous voir arroser de poisons quelques folles mauvaises herbes. Il va nous voir dans nos gestes quotidiens finalement. C'est vrai que nous n'y pouvons pas grand chose! Puis, il ira cotoyer les bords de l'estuaire. Il va nous revenir tout mazouté, mais, nous qui le connaissons bien, nous saurons qu'il aura toujours son fameux sourire à lui fendre le visage.

C'est peut-être tout ça qui fait que son projet a rencontré si peu de soutien.Trop dangereux, trop mouvant, comme la Loire!

Pourtant, on y croit encore que cela peu concerner certains d'entres nous. Continuons cette chaîne au fil de  l'eau , et merci à tous ceux qui pourront d'une manière ou d'une autre nous aider.

C'était un petit éclairage sur les coulisses de l'aventure afin de soutenir l'homme saumon, mais aussi sur l'équipe qui est derrière lui, discrète, et qui y va de ses deniers, ainsi que sur ce lien d'amitié qui décidemment reste notre plus forte valeur. Alors après avoir avec bonheur pu suivre la descente de l'Allier, j'ai hâte, comme vous de découvrir la suite de l'aventure avec toutes ses questions en suspend.


Léonie.